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Historique des villages
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Meix-devant-Virton


Le nom de Meix -en patois "Maiche"- veut dire jardin. Il viendrait du latin mansa (table). Champ qui fournit les produits de la table. Le nom de Meix est porté par une cinquantaine de villages et hameaux de Lorraine, Bourgogne et Champagne.

La terre des confluents des vallées et l'abondance de l'eau sont donc à l’origine d'une clairière maraîchère.
Des voies romaines ou mérovingiennes courraient sur les hauteurs, à Bellefontaine et sur le bout de Sommethonne. Un peu partout, des "diverticules" reliaient ces chaussées entre elles et les villas ou exploitations rurales.

Pourquoi cette appellation très ancienne : Meix in Spélunca (Meix dans la caverne) ? Y avait-il une caverne aujourd'hui inconnue ? Ou simplement l'aspect des lieux : une clairière à laquelle on accédait par des cheminées sombres, au fond des vallées, dans une vraie "forêt noire".

Les possibilités hydrauliques ont amenées très tôt la présence d'un moulin (qui releva à un certain moment de l'abbaye d'Orval. Le mot "moûte" (monastère) ne signifie aucunement la présence d'un monastère, mais simplement d'un champ d'un domaine relevant d'une abbaye. Meix a bénéficié des forges de Berchiwé.

Sur les vieilles cartes du Musée Gaumais, on trouve Maix – Mex ; le "devant Virton" serait venu vers 1815 sous l'époque hollandaise pour le différencier de Meix-le-Tige, faisant partie de la prévôté d'Arlon.

Meix s'étendit dans le sens de ses 3 vallées. On y trouvait des laboureurs, des tisserands, des charrons, des maçons, des cloutiers, des hommes de forge (Berchiwé), des scieurs de long, des charbonniers (qui fabriquaient le charbon de bois pour les forges).

La chemin de fer devait, paraît-il emprunter un tout autre itinéraire. Il devait tourner après !e moulin, passer au-dessus de la rue de Launoy, arriver par une tranchée derrière l'église, passer à l'endroit des écoles, franchir la route de Gérouville au tournant, suivre la rue de Bellevue, s'en aller vers la Taillure, passer la colline par un tunnel pour aboutir au terrain de football de Gérouville, puis Limes, Orval et remonter sur Pin. Ce fut le tracé actuel qui l'emporta.

Meix-devant-Virton aurait été un village sans grande histoire, s'il n'y avait eu le drame de 1636!
1636 fut une année de grande peste : la plupart des villages furent atteints, certains disparurent complètement.
Mais à Meix, ce fut une toute autre histoire. Un détachement de l'empire austro-hongrois, des Croates, arriva dans les premiers jours de juin à Meix et commit "des vexations contre les habitants". Au moment de leur départ, un coup de feu partit, geste fatal d'un malheureux affolé, du cimetière et blessa à mort, rue de Launoy, le capitaine des Croates, alors que le détachement quittait le village.

Le 11 juin, ces Croates font un retour offensif, décidés à venger leur chef. 127 maisons furent brûlées sur 129, il en resta une à chaque extrémité. Quelques habitants s'enfuirent au bois et eurent la vie sauve. Les autres se réfugièrent à l'église. Mais la soldatesque aperçoit des tas de fagots et une monstrueuse idée germe dans leur esprit. Les soldats entassent les fagots et du bois autour de l'édifice. Le feu jaillit et aux crépitements des flammes répond la clameur des suppliciés qui ont compris le sort atroce qui les attend.   Le mayeur Arnould Lambinet, son lieutenant Didier de Coulon et l'échevin Didier Toussaint décident de risquer leur va-tout. Saint Bernard, patron de Meix, Notre Dame d'Avioth, protégez ces audacieux qui ont confiance en votre puissance. D'une lucarne du clocher, ils affrontent un autre immense péril et sautent dans le vide. Est-ce un miracle ? Ils touchent terre sans se faire de mal et parviennent à s'enfuir, à échapper aux tortionnaires.  L'église brûla entièrement et 567 personnes périrent, victimes de cette barbarie.

Comment le village se repeupla-t-il ? C'est un point qui reste à éclaircir.

L'église fut reconstruite au même endroit et ne fut démolie qu'en 1858, l'actuelle église ayant été bâtie en 1852. Une pierre, une plaque ne pourrait-elle rappeler le drame du 11 juin 1636 ? Un jumelage ne pourrait-il être envisagé avec Oradour, scellant l'amitié entre deux victimes innocentes de hordes déchaînées ?


(Abbé N.J. LENOIR)

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