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L'automitrailleuse M8 d'Houdrigny

L'histoire en quelques mots

Le 8 septembre 1944, les troupes américaines passent la frontière dans le but de libérer Virton. Les Allemands se sont retranchés sur les hauteurs d’Houdrigny avec deux canons antichar. C’est au niveau du n°12 rue de la Halte qu’une automitrailleuse M8 est détruite par un obus. Le véhicule pris feu et deux occupants périrent, le troisième fut retrouvé mort à une quarantaine de mètres. Les combats durèrent 2 heures avant que les allemands ne se replient. Voici en quelques mot la façon dont est naré cet événement important de l'histoire local qui fera bientôt l'objet d'un panneau à l'emplaçement où l'automitrailleuse a été détruite.

Le témoignage de Roland BERNARD

Sources une journée maussade au ciel couvert. Vers midi, le temps s'éclairci laissant progressivement entrevoir un après-midi ensoleillé.

Les américains traversent alors Sommethonne et puis Villers-la-Loue. On entend les cloches sonner à Thonne-la-Long et Avioth comme un jour de fête. Mais à Houdrigny, les Allemands ont pris position.

Roland BERNARD habitait Houdrigny et relate ces dramatiques évenements en ces termes:

Au matin, une soixantaine d'Allemands venus à vélo mettent pied à terre. Il en est de tous les âges, des jeunes, des vieux. Commence alors le minage systématique des quatre ponts sur la Chevratte et sa dérivation à quelques pas du point d'arrêt, le pont de la grand'route et les trois ponts privés de la scierie BRASSEUR.

Vers 13 heures, tout est prêt. Trois charges explosent faisant de gros dégâts aux habitations voisines. La 4e charge est inerte, le ponceau est intact et utilisable. L'effet escompté de bloquage n'existe pas. Les Allemands s'installent en défense. Le carrefour des deux routes venant de Villers-la-Loue est plaçé sous le feu d'une mitrailleuse. Ailleurs, un groupe semi motorisé comprenant une section de canons rapides de 47mm prend position route de la ferme, à Houdrigny même, sur le haut du village actuellement rue de la Source.

La route de Villers est tenue en enfilade sur toute sa longueur. Vingt minutes se passent, une patrouille allemande de 5 ou 6 hommes à vélo descend à toute allure la côte de Villers, un blindé américain les poursuit. Le blindé devient la cible d'un des deux canons en batterie au-dessus du village. Un obus le frappe de plein fouet au niveau du conducteur, perçant le blindage. Le véhicule désemparé vient de percuter la maison BERNARD et prend feu. Deux américains sont calcinés à l'intérieur, un troisième probablement éjecté du char, sera retrouvé mort à une quarantaine de mètres près du monument aux morts 1914-1918. L'échange de coups de feu durera près de deux heures. La section de 47mm sera prise à partie sans réel succès par les chars américains arrivés entre-temps. Seules quelques maisons de la rue de la Source auront à souffrir des tirs.

Ce groupement se repliera sans perte par le chemin surplombant les "Paquis", alors que les armes continuent crépiter au passage à niveau et à l'intérieur d'Houdrigny. C'est par "le pré Othé" que les combattants allemands trouveront un chemin de repli. Une sortie plus vulnérable qui les exposera aux coups directs de l'infanterie américaine lançée à leurs trousses.

Dans la hâte, ils abandonnent armes et vélos, se sauvant à travers champs. Quelques cents mètres plus loin, ils laisseront sur le terrain deux morts et plusieurs blessés. Les fusils allemands, dédaignés par les vainqueurs, seront récupérés par le groupement M.N.B. local.Quant aux vélos, ils constitueront une aubaine pour nombre d'habitants du quartier.

En attendant leur évacuation, les blessés tant américains qu'allemands, seront soignés à l'école communale. Une quinzaine de prisonniers allemands capturés seront gardés dans les étables de la maison LEMAIRE.

Complément d'information

Les forces américaines en présence

Le véhicule détruit faisait partie du 85th Cavalry Reconnaissance Squadron (85th escadron de cavalerie de reconnaissance). Cette unité était commandée par la 5th Armoured Division (5ème division blindée), elle même dirigée par la 28th Infantry Division (28ème division d'infantrie).

Un char ou une automitrailleuse?

Bien que la M8 soit effectivement une automitrailleuse, elle a souvent été considérée à tort comme un char par les habitants d'Houdrigny.

Qu'est-ce qu'une automitrailleuse?

Il s'agit d'un véhicule armé et légèrement blindé. Contrairement au char, elle se déplace grâce à des roues. Ici en l'occurence, la M8 "Greyhound" dispose d'un cannon de 37mm ainsi que d'une mitrailleuse placée sur la tourelle. Elle peut atteindre 48km sur un terrain plat et même 90km/h sur une route. Produit par Ford, ce modèle cessera définitivement d'être produit en juin 1945. Leur rapidé et manoeuvrabilité en faisait le véhicule idéal pour la reconnaissance. 

Une automitrailleuse se compose de 4 occupants :

  • 1 Chef de char
  • 1 Pilote
  • 1 Co-pilote
  • 1 Canonnier

Un quatrième occupant?

Une source relate qu'un des occupants (lequel?) aurait été blessé mais s'en serait sorti ce qui corrobore avec l'équipage classique décrit ci-dessus.

Autre fait étrange : sans ces témoignages et la photo, ce fait serait probablement tombé dans l'oubli. En effet, aucun rapport n'aurait été rédigé sur l'escarmouche et aucun mort n'y est officiellement recensé. Cependant, un décès dans cette unité est signalé à Virton. Il pourrait s'agir du quatrième occupant d'après l'hypothèse de P. Broddelez.

L'automitrailleuse M8 d'Houdrigny