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L'architecture gaumaise

Introduction

Avec la standardisation des techniques de constructions et les changements liées aux fonctions des habitations ces dernières années, nous ne construisons plus le même type de maison que ce qui était la norme jusqu'au début du 20ème siècle.

Notre commune fait partie de la Lorraine (belge), un ensemble architectural cohérent représenté par les fameuses granges gaumaises. Les maisons traditionnelles étaient conçues d'une manière similaire en Gaume, au Pays d'Arlon, en Lorraine et dans une bonne partie du Luxembourg.

Les types d'habitations

La maison unicellulaire dite de manouvrier

Toute en longueur, elle comprend les pièces nécessaires à la vie quotidienne: cuisine,  Une petite étable peut se trouver à l'arrière, le couloir d'accès étant partagé à la fois par les animaux et par les hommes. C'est la maison du manouvrier, le travailleur le plus pauvre, celui qui travaille pour le compte d'agriculteurs plus importants.

La ferme bicellulaire

La ferme tricellulaire

La ferme quadricellulaire

Divers

Les pièces

Le couloir

Il s'agit parfois d'un petit sas, parfois d'un grand couloir traversant la maison. Il n'y a souvent que deux accès; l'un vers la cuisine qui distribue les pièces de vie et l'autre vers l'étable ou la grange. Il peut également donner l'unique accès au jardin, marquant la transition entre l'extérieur, les animaux et l'habitat proprement dit.

La cuisine

Le pèle

Les chambres

La grange

Elle occupe une partie importante de la maison et commence à être présente à partir des maisons bicellulaires. Elle dispose d'un accès direct à la voirie et est bien souvent située à gauche ou à droite des pièces de vie. On s'en servait pour entreposer foin, récoltes et céréales. Un aire de battage est aménagée à l'arrière de la grange. On pouvait aussi y retrouver des outils, un espace pour fendre le bois ou encore y ranger une charette l'hiver comme un garage moderne.

L'étable

Présente dans une grande majorité de maisons, l'étable rassemble l'ensemble des animaux nécéssaires à la vie de tous les jours. Même dans les plus petites maisons bicellulaire, il n'est pas exceptionnel de voir une petite étable aménagée à l'arrière de la maison. On y retrouve des vaches, des poules, des chevaux, des cochons,... Elle jouxte souvent la grange et dispose parfois d'une fenêtre gerbière afin de stocker le foin à l'étage. La taille de l'étable dépend fortement des besoins et donc du statut social du propriétaire.

Les anexes

Le four à pain

Le four à pain était présent dans presque toutes les maisons et revêtait un rôle capital. Le pain était la base de l'alimentation. Sa cuisson à domicile permettait l'autosuffisance allimentaire grandement appréciée par les anciens. Souvent placé à côté de la cheminée, le four devait être le plus petit possible afin de nécéssiter moins calorie. Le choix du combustible était important: on utilisait du hêtre ou des fagots de d'aubépine qui dégageaient une meilleure odeur que d'autres essences. Le cul-de-four était souvent visible de l'extérieur, sous forme bombée ou d'un petit appenti permettant de conserver la chaleur du four.

Atelier

Les autres dépendances sont plutôt rares. On peut tout de même trouver de petits ateliers et espaces de stockage.

La cave

Elle n'est pas très courrante et sert de réserve ou de stockage. Des utilisations diverses comme la présence d'un petit moulin les rendent relativent uniques. L'accès se fait le plus souvent par un demi-niveau depuis la chaussée.

Les éléments caractéristiques

La pierre du pays

Appelée calcaire bajocien ou pierre de France, cette pierre jaune est présente partout dans la région. Cette teinte est d'ailleurs unique en Belgique, un peu moins en France. Les pierres étaient souvent extraites dans de petits gisements au sein des villages. Il y a eu plusieurs petites carrières exploitées à proximité de nos villages. Certaines carrières plus importantes ont traversé les âges comme Grandcourt ou Fontenoille.

Ces pierres étaient taillées sur place et emmenées sur les chantiers pour être assemblées. Les maçons de l'époque en étaient les spécialistes.

La pierre était souvent réutilisée lors de la reconstruction d'un édifice.

La brique est totalement absente jusqu'au 20ème siècle. L'ardoise comme pierre de parement ou pour les escaliers est d'une utilisation relativement récente.

Au sein de notre commune, les villages se partagent entre les moellons de pierre locale enduits (=peint) et la pierre de taille (non peinte).

L'aspect village-rue

La quasi-totalité des villages gaumais sont construits dans des endroits discrets et protégés par le relief et le paysage. C'est le résultat de siècles de guerres qui ont fortement marqués nos campagnes. Les villageois ont alors regroupés leurs habitations le long d'un axe de communication central traversant le village: c'est le village-rue (village le long d'une rue). Seul Gérouville déroge à la règle dans notre commune (pour des raisons de planification urbanistique initiale). Ce mode offrait plusieurs avantages comme de meilleures protections mais également une meilleure organisation de l'espace public. Les maisons sont implantées parallèlement à la route

La rue principale était très large, permettant l'utilisation d'un usoir devant chaque maison. Il s'agit d'une bande de terrain publique entre la chaussée et les maisons qui pouvait être utilisé comme parking pour les véhicules (charrettes...) ou de stockage (foin, bois de chauffage,...). Consultez ici le guide réalisé en 2016 à propos des usoirs, de leur fonction et de leur entretien.

Une série de jardins et vergers étaient attenants au village, parfois entre deux maisons, en face d'une rangée d'habitations (rue des Paquis à Houdrigny) ou de manière plus commune à l'arrière des habitations. Chaque villageois possédait au moins un petit lopin de terre afin de cultiver de la nourriture.

Des rues annexes ont été érigées au fil du temps mais en respectant souvent la philosophie d'une rue principale comme centre du village. Aujourd'hui, l'urbanisation fait perdre peu à peu cet esprit village-rue.

A noter que l'aspect village-rue est typique de la Lorraine et ne se retrouve nulle par ailleurs en Belgique.

Le volume

La maison lorraine est relativement carrée avec des volumes. Elle est dite "maison-bloc". Ce volume (la profondeur surtout) est visuellement atténué par l'aspect village-rue.

La toiture

La pente

La pente du toit oscille entre 30° et 40°. Parfois jusqu'à 20°, notamment dans le cadre d'utilisation de tuiles.

Les croupettes

Des croupettes adoucissent l'extrémité du toit et permettent une meilleure résistance de la charpente aux fortes intempéries.

La couverture

Aujourd'hui, l'ardoise est le matériau favori. Elle s'est progressivement généralisée à la place des tuilles canal (Tiges dè bote en gaumais). Ces dernières ont encore la préférence des villages les plus au sud de la Gaume comme Torgny.

Historiquement, l'ardoise en écaille ne commence qu'à Meix-devant-Virton et les villages plus au nord. Sommethonbne, Villers-la-Loue ou encore Robelmont utilisaient la tuille canal.

Les ouvertures

La porte principale

Systématiquement encadrée par de la pierre taillée, elle est parfois sculptée selon des croyances ou les rites mais aussi pour refléter la richesse du propriétaire. Certains linteaux des plus beaux de la région sont encore visibles à Gérouville. La signification des motifs ne nous est aujourd'hui pas toujours connue.

La porte est quant à elle sculptée et décorée.

La porte de la grange

Massive et haute, elle permettait de rentrer avec des charriots et hauts chargements. Elle était surmontée d'un linteau en bois, en pierre de taille ou plus tard en acier.

Les autres portes
Les fenêtres

Il y en a souvent le moins possible car elles laissaient la chaleur s'échapper trop facilement. Elle également cerclées de pierres taillées avec différents types de linteaux.

Elles étaient souvent équipées de volets en bois permettant de mieux lutter contre les pertes de chaleurs ainsi que la lumière en été.

Les tabatières

Ce sont de petits puits de lumière lui permettant d'éclairer le grenier naturellement. Des vélux avant l'heure mais fermés en permanence.

La peinture

Les façades étaient recouvertes traditionnellement de peinture à la chaux ou à l'argile. Ces deux matières, naturelles et facilement accessibles, ont la faculté d'assainir les murs de la maison et de les protéger contre l'humidité. Ce type de peinture bon marché nécessitait néanmoins une couche de rafraîchissement tous les 10 ans.

En outre, la pierre du pays était relativement friable pour la plupart des gisements et vulnérable aux effets du gel. Le maintien d'une peinture à la chaux permettait de protéger la pierre.

Les travées

Si l'on construit d'avantage de maisons ouvertes aujourd'hui, ce n'était pas le cas auparavant. La séparation des pièces effective permettait de concentrer le chauffage et de séparer les pièces de vie des pièces annexes. La présence d'un mur porteur sur lequel repose la charpente est appelé la travée. Elle longeait souvent le couloir en le séparant des pièces de vie. Une deuxième travée était parfois utilisée de manière parallèle (de l'autre côté du couloir) ou perpendiculaire, coupant la maison en deux. Plus la maison est grande, plus le nombre de travées est important.

Les étages

Bien que presques toutes les maisons anciennes en soient aujourd'hui équipé, ce ne fut pas toujours le cas. Les étages étaient plus rares dans les maisons les plus petites. Ils pouvaient parfois servir de grenier ou de grange pour entreposer le foin.