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Les herdiers communaux

Durant sa période de fermeture hivernale, le Musée gaumais laisse la parole à divers témoins de Gaume pour évoquer dans chacune de nos 10 communes, un lieu, un personnage, un petit métier, une fabrique, une anecdote locale ou d’autres souvenirs...

Il fut un temps où chaque commune possédait son propre troupeau d’animaux et ce depuis des temps ancestraux. Meix-devant-Virton en a possédé trois, parfois quatre selon les besoins : le troupeau de porcs appelé la sonre, le troupeau d’animaux à cornes comprenant vaches et génisses ainsi que le troupeau laineux regroupant les moutons et les chèvres. Les veaux pouvaient faire l’objet d’un quatrième troupeau.

Pour gérer ces troupeaux, le conseil communal désignait un pâtre pour une durée d’un an, sur base d’un appel d’offre. Le candidat qui soumettait le prix le plus bas remportait le travail. Ce statut précaire mena rapidement à une raréfaction des candidats potentiels et obligea par la suite le conseil à nommer la première personne qui se portait candidate.

Ces herdiers avaient l’interdiction de gérer d’autres troupeaux. Leur salaire se composait principalement de seigle ainsi que d’une mince somme d’argent. Il était versé trimestriellement en ce qui concerne les céréales et parfois hebdomadairement pour l’argent. Les femmes comme les hommes pouvaient prétendre à cet emploi. Un aidant appelé « ajout » pouvait lui être attribué temporairement afin de mener à bien des déplacements de troupeau.

En tant que responsable du troupeau, il pouvait lui être reproché la perte d’un animal, sauf ceux emportés par la maladie ou par les loups. Pour se faire, une caution était demandée à la nomination afin de garantir ces pertes. L’herdier devait assurer une surveillance de tout instant. En outre, il se voyait poser plusieurs interdictions ciblées. Par exemple, l’interdiction de prégneler (mettre au repos) les brebis sur des terres labourées ou encore l’interdiction d’emmener son troupeau pâturer avant la rentrée des récoltes.

Les animaux n’appartenaient pas tous à la commune. Les archives nous apprennent que les propriétaires privés confiaient également leurs vaches. En effet, de nombreuses familles étaient propriétaires d’une ou deux vaches pour les besoins journaliers. Bûcheron ou ouvrier de métier pouvait ainsi devenir éleveur après journée.

Les troupeaux traversaient le village au son de la trompe. On les emmenait pâturer dans les nombreux terrains communaux qui composaient le patrimoine de Meix.

Une petite anecdote vient pimenter l’histoire de cette coutume. Ainsi, le métier d’herdier fut marqué par les guerres politiques sans pitié de la deuxième moitié du 19ème siècle. A son paroxysme, la sonre fut divisée en un troupeau catholique et un troupeau libéral ! On pouvait alors trouver du boudin de gauche et du boudin de droite… Devant le gaspillage et la consternation populaire, les élus méchois revinrent heureusement à la raison.

La révolution industrielle et l’évolution des pratiques agricoles mirent un arrêt définitif au métier de herdier qui disparut dans nos contrées au 20ème siècle. Par chance, un photographe du nom de Dousset nous a laissé quelques clichés de cette tradition ancestrale.

Karl GOFFINET.

Cet article a été publié dans le Publivire du 13 février 2020 par le Musée gaumais, en collaboration avec la commune. Consultez l'article en cliquant ici.